Erreur : ne pas avoir de numéro deux identifié avant la levée de fonds

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Pourquoi la dépendance au dirigeant inquiète les investisseurs

Un fonds de private equity n'opère pas l'entreprise dans laquelle il investit. Il mise sur le management en place. Si ce management se résume à une seule personne, le risque est double : le risque d'accident (maladie, accident, décès) et le risque de départ volontaire (désaccord stratégique, épuisement, opportunité extérieure). Ces risques ne sont pas théoriques — ils se matérialisent régulièrement dans les portefeuilles des fonds.

Par ailleurs, la capacité de l'entreprise à continuer à performer pendant la due diligence, puis après le closing avec les obligations supplémentaires de gouvernance et de reporting, dépend d'une organisation qui peut fonctionner sans que le dirigeant soit présent à 100 %.

Ce que les investisseurs considèrent comme un numéro deux

Pas nécessairement un directeur général délégué avec ce titre formel. Ce que l'investisseur cherche : une personne identifiée qui maîtrise les fonctions commerciales ou opérationnelles critiques, qui a la confiance des équipes, qui connaît les clients importants, et qui peut prendre des décisions opérationnelles en l'absence du dirigeant.

Cette personne peut être un directeur commercial, un directeur des opérations, un DAF avec une vision d'ensemble, ou un associé opérationnel. Ce qui compte, c'est la réalité de la fonction, pas le titre.

Comment remédier au problème avant la levée

Identifiez la personne en interne qui a le plus de potentiel pour ce rôle et investissez dans son développement avant de lancer le processus. Donnez-lui davantage de responsabilités, mettez-la en contact avec les clients importants, impliquez-la dans les décisions stratégiques. Un numéro deux qui existe depuis 18 mois au moment de la levée est plus crédible qu'un numéro deux recruté la semaine précédant le roadshow.

Si personne en interne n'est en mesure de tenir ce rôle, envisagez un recrutement externe avant de lancer le processus. Un DAF expérimenté ou un directeur général délégué recruté 6 à 12 mois avant la levée renforce significativement le dossier. Ce recrutement peut être partiellement financé par la levée de fonds elle-même — mais il doit être lancé et bouclé avant, pas présenté comme un projet futur.

Si vous pensez que la dépendance à votre personne est un atout plutôt qu'un risque, reconsidérez. Un investisseur qui dépend entièrement de vous pour protéger son investissement va négocier des clauses de lock-up et de non-concurrence très contraignantes. La contrepartie de votre caractère indispensable, c'est votre liberté réduite après le closing.

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