Avant de lever des fonds, testez votre investissabilité. Accédez au diagnostic Valtika — 10 minutes pour savoir si votre dossier est prêt.
Bpifrance : l'acteur incontournable
Bpifrance (Banque Publique d'Investissement) est l'outil de l'État français pour le financement des entreprises en croissance. Elle intervient à tous les stades de développement, sous toutes les formes de financement — prêts, garanties, subventions, fonds propres — et à toutes les tailles d'entreprises, de la startup à l'ETI.
En fonds propres, Bpifrance intervient principalement de deux façons. En direct, via ses équipes régionales qui prennent des participations minoritaires dans des PME entre 500 K€ et 7 M€. En fonds de fonds, en investissant dans des fonds de capital-investissement privés qui investissent ensuite dans des PME et ETI. Cette seconde modalité est moins visible pour les dirigeants mais représente l'essentiel du volume déployé.
Les critères Bpifrance pour un investissement direct : entreprise en croissance, rentable ou avec un chemin vers la rentabilité clairement défini, projet de développement ambitieux nécessitant un renforcement des fonds propres, ancrage territorial en France. Bpifrance co-investit volontiers avec des fonds privés — c'est même son modèle préféré sur la plupart des dossiers.
L'accès à Bpifrance se fait via les directions régionales. Chaque région a une équipe dédiée au capital-investissement. Le premier contact peut se faire directement par le dirigeant ou par son leveur de fonds.
Les fonds régionaux
Chaque région française dispose d'outils de capital-investissement dédiés au tissu économique local. Ces fonds sont financés par les conseils régionaux, Bpifrance, et parfois des acteurs privés locaux (chambres de commerce, groupements d'entreprises, caisses régionales de Crédit Agricole ou de Caisse d'Épargne).
Leurs caractéristiques communes : tickets plus petits que les fonds nationaux (en général entre 100 K€ et 2 M€), forte proximité avec les entreprises locales, processus de décision plus rapide que les fonds institutionnels, et disposition à co-investir avec d'autres acteurs publics ou privés.
Parmi les plus actifs : Normandie Participations, Région Sud Investissement, Occitanie Investissement, Bretagne Participations, Hauts-de-France Participations. Chaque région a son propre véhicule avec ses propres critères géographiques et sectoriels.
Ces fonds sont particulièrement adaptés aux PME qui cherchent un premier tour de financement institutionnel, qui ne correspondent pas encore aux critères de taille des fonds nationaux, ou qui cherchent un actionnaire de long terme sans pression de sortie à 5 ans.
Les SUIR et SFPi
Les Sociétés Unipersonnelles d'Investissement à Risque (SUIR) sont un dispositif fiscal qui permet à des personnes physiques d'investir dans des PME via une structure dédiée avec un avantage fiscal. Ce dispositif est moins connu mais constitue une source de financement complémentaire pour les PME en phase de développement.
La Société de Financement de l'Économie (SFPi), filiale de Bpifrance, gère plusieurs mandats pour le compte de l'État et investit dans des fonds et des entreprises stratégiques. Son périmètre d'intervention est large mais se concentre sur les secteurs prioritaires définis par la politique industrielle française.
Les dispositifs fiscaux qui orientent les capitaux vers les PME
Plusieurs dispositifs fiscaux incitent les investisseurs privés à financer les PME en fonds propres.
L'IR-PME (anciennement Madelin) permet aux particuliers qui investissent dans des PME éligibles de déduire 25 % de leur investissement de leur impôt sur le revenu (dans la limite de certains plafonds). Ce dispositif alimente les plateformes de crowdfunding equity et les clubs d'investisseurs.
Le PEA-PME permet d'investir dans des PME et ETI cotées ou non cotées via un plan d'épargne actions avec une fiscalité allégée sur les plus-values après 5 ans. Il oriente des capitaux de particuliers vers les PME via des fonds éligibles.
Les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l'Innovation) et FIP (Fonds d'Investissement de Proximité) collectent des capitaux auprès de particuliers avec des avantages fiscaux et les investissent dans des PME innovantes ou régionales. Ces fonds sont des acteurs réguliers du premier tour de financement des PME en croissance.
Comment articuler financement public et privé
Le modèle de financement le plus fréquent sur le segment PME entre 1 et 5 M€ est un tour mixte : Bpifrance ou un fonds régional apporte 30 à 40 % du tour, et un ou plusieurs investisseurs privés (fonds de capital-développement, business angels, family office) apportent le reste.
Cette structure est avantageuse pour toutes les parties. L'investisseur privé bénéficie de la caution implicite de Bpifrance sur la qualité du dossier. Bpifrance se positionne en co-investisseur avec des partenaires privés qui apportent la valeur ajoutée opérationnelle. Et le dirigeant diversifie son actionnariat entre acteurs publics et privés avec des logiques complémentaires.
Votre leveur de fonds doit avoir une connaissance précise des dispositifs publics accessibles selon votre région, votre secteur et votre taille. C'est une composante de son travail de ciblage.
Vous voulez identifier les sources de financement public accessibles pour votre entreprise ? Accédez au diagnostic Valtika.